Claire, c'est ma cousine. Enfin arrivent les présentations. Maintenant que l'âge de ne plus avoir peur de mes blagues à la con t'es arrivé. Maintenant qu'on sait qu'on se revoit ,qu'on est tout de même mélancoliques de l'an dernier, ces dernières belles semaines de notre bon vieux village là bas. Tellement triste de quitter notre terrasse tellement parfaite, notre cave pleine de chauves souris, les marches de mes premières blessures, l'escalier en pierre de nos peurs enfantines, les cachettes de biscuits, nos rires qui résonnaient bien trop fort au goût des parents. Même si à notre âge, leurs éclats de rire demeuraient dans ses pièces également. Les pièces de notre château, de notre très vieille baraque, qui regorge de souvenirs, qui renferme tellement de bêtises et de première fois. St Martial, ou tout l'art de vivre en communauté. Tout l'art de se cacher pour manger les bonbons volés à 5 ans, pour les premiers baisers vers 12 ou 13 ans, pour fumer , pour pleurer... Les éclats de tous les objets que j'ai cassé là bas ne sont pas prêt de partir. Mes amis ne sont pas près d'oublier les fous de la maison à laquelle on accède en descendant l'escalier . Les fêtes, les paellas, les brouettes, les batailles d'eau, l'auberge, les milliers de cartes postales, puis les conversations par la fenêtre, les films chez lui, les eux chez l'autre, la piscine chez elle, la traversé du désert pour aller chez une autre. Les motos. Les secrets, les rumeurs. Ma timidité qui m'envoyait dans mon lit dessiner. Nos méga concours de pétanque. Et tous ses sourires, pas un dépit dans leurs sourire. Aucune déception.
Et cette dernière année, tellement différente, mais tellement bien, enfin tout le mode se connait, plus de hic, juste beaucoup, énormément de nostalgie. Même quand j's'rais mort, j't'aimerai encore, je serais un rappeur super riche, j't' épouserai , on aura une immense villa. Je serai le plus heureux des hommes. Tes discours trop drôles mais qui tournent au dramatique dans cet instant, les siens, qui m'ont tellement fait du bien et qui mon énormément touchés . Si je pouvais recommencerai, je re-débuterai tout à zéro. C'est là bas que j'ai survécut miraculeusement à l'eau de Javel?Les yeux qui pleurent, les bastons de regards. Là bas tout court. C'est terminé. Mais tellement heureuse d'avoir vécut cette derniers saison avec toi, Claire, on a partagé et profité un maximum de cet endroit.
On reviendra, j'ai tant besoin d' espérer.
C'était un peu un changement d'air, un lavage de cerveau, ça nous revitalisait .
J'ai le sentiment de perdre quelque chose d'immense, de très fort, d' infiniment confortable.
Un recoin de ma tête qui était continuellement en vie, qui fourmillait sans cesse. Et qui s'éteint peu à peu.
PS : Ne pas perdre tout ça. On se voit dans moins d'un mois. L'une a l'autre. Je t'aime.